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L'Ancêtre de nos pères.

Publié le par Fabrice


Voici ce que dit Eusèbe Salnerte dans un ouvrage fort intéressant:

 

« Notre nom propre, c'est nous-même. Dans notre pensée, dans la pensée de ceux qui nous connaissent, rien ne peut en séparer notre être; on le prononce, et, soudain, blâme ou éloge, menace ou prière, haine ou affection, c'est nous qu'atteignent les idées et les sentiments que l'on y attache».

A partir du X ième siècle, l''identification des personnes par les seuls noms de baptême ne permettait pas d'éviter les confusions homonymiques, aussi fut-elle progressivement complétée, par un surnom faisant appel à la topographie, aux noms de saints, aux métiers ou aux aspects physiques et comportementaux.

Ordinairement, l'enfant prenait le nom de son père, en l'accompagnant d'un surnom qui put permettre de le distinguer des autres membres de la famille. Car il ne suffisait pas d'être nommé, il fallait encore qu'on put reconnaître à quelle famille il appartenait. Le caractère héréditaire du surnom ne devint courant que vers le XV ième siècle.


Francois-Saut.JPG


Quelques syllabes, suffisent néanmoins pour réveiller inévitablement le souvenir de cet homme, l'ancêtre de nos pères, celui de son aspect physique, de son caractère moral, des actions et des événements de sa vie.

Il n'était pas rare de trouver, à cette époque, dans le même acte, des orthographes différentes pour un même nom de famille, suivant la transcription phonétique qu'en faisaient les vicaires et au gré de la fantaisie des curés. Dans les documents du XVième siècle et du début du XVI ième, tous transcris en latin jusqu'à l'ordonnance de Villers-Cotterêts de 1539, le patronyme SAUT s'écrivait SAULT.

Il découle du nom latin SALTUS

Le Saltus était pour les Romains et les Gallo-Romains une terre non cultivée ou sauvage, un espace plus ou moins boisé, vouée à l'élevage ou plus précisément au pacage.

Dans le paysage rural, le saltus se distingue de l'ager, le champ cultivé et la silva, la forêt seigneuriale ou monastique.

Un saltus pouvait être offert aux légionnaires romains en fin de carrière. Ceci a fait partie du processus de colonisation et romanisation de terres de l'Empire romain.

Ce n'est que à partir de 1624 que la forme SAUT s'établit définitivement.

 


Publié dans La Famille

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Marquisat de Codolet. 1621

Publié le par Fabrice

«La Terre et Seigneurie de Codolet est assise sur les bords du fleuve de Rhône, un des plus inconstants et des plus rapides.

A cause de son irruption, le Rhône divisa son territoire qui était attaché au continent de la terre ferme et en forma des îles et notamment celle qui est encore appelée l'île de Codolet.

Cette île, ni les autres, n'avaient été formées par des atterrissages, mais c'était l'ancien terrain qui avait été rompu et divisé. Durant le Moyen-âge, cette Seigeurie était possédée en île par Antoine de Laudun, Seigneur de Codolet.

 

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Antoine de Joye, riche bourgeois anoblit par Louis XI en 1473, achèta la Seigneurie. A la fin du siècle, le 14 avril 1491, il la revendit ainsi que le Port de Codolet à Guillaume dAncezune; coseigneur de Caderousse, gouverneur de Roquemaure et de la Motte, conseillé du roi de France et visiteur des gabelles en Languedoc.

 

Les-iles-de-Codolet.jpg

 

« 14 Avril 1491

Messire Guillaume d'Ancezune, Coseigneur de Caderousse, Gouverneur de Roquemaure et de la Motte, conseillé du roi de France et visiteur des gabelles en Languedoc, acquit de noble Jean de Joye, la terre, seigneurie et juridiction de Codolet et îles en dépendant. »

 

Les îles dépendant de la terre étaient:

- l'île de la Piboulette, autrement Capefort.

- l'île de la Borrie.

- l'île de Gazargues.

- l'île du Cocu, appelée plus tard l'île du Mautemps.

- l'île de la Mourrade.

- l'îlon du Contentieux.

- l'îlon de Codolet.

- l'îlon de la Bigue.

- le brouteau des Penchinaires.

 

Ces îles ou îlons ne faisaient qu'un corps, sous le nom de l'île de Codolet, qui a été divisé par les irruptions du Rhône et de la rivière de Cèze, comme appert par les hommages prêtés de 1498 à 1673 par Guillaume, Aymard, Louis, Rostain et Joseph François d'Ancezune. Toutes les îles ci-dessus ont été formées depuis longtemps et se sont accrues par la démolition et débris du terroir de Codolet et de celui de Caderousse.

 

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L'île de Codolet, appartenant à la maison de Caderousse depuis plusieurs siècles, a été formée et s'est accrue par la démolition presque totale du terroir de Cadenet.

Par les déclarations des consuls et principaux habitants des lieux de Saint-Etienne des Sorts, de Codolet et de Caderousse, il paraît que le village de Cadenet et son terroir a été presque entièrement détruit par les inondations du Rhône, que les terroirs de Codolet et de Caderousse ont été considérablement diminués, et que les îles possédées par la Maison d'Ancezune de Caderousse se sont formées ou du moins considérablement accrues du débris de ces terres et de plusieurs domaines, que cette maison possédait dans le terroir de Caderousse et qui ont été emportées par le Rhône.

 

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Guillaume d'Ancezune en fit hommage au roi Louis XI, le 22 juillet 1462, qui contenait en autre terre dénombrée, à cause de sa justice et de sa souveraineté et non pas à raison d'aucune seigneurie privée, les îles se trouvant comprises comme faisant partie du domaine des anciens Seigneurs de Codolet.

Guillaume épousa, Gabrielle de Montdragon, dont il eut un fils: Aimar.

 

Aimar d'Ancezune, seigneur de Caderousse, Lieutenant général de l'artillerie de France, reçut dans son château de Caderousse la reine de France, accompagnée de Henri et de René de Nassau, père et fils, Princes d'Orange.

En 1533, Aymar d'Ancezune, fils de Guillaume, seigneur et capitaine du Thor, de Codolet et de Saint-Alexandre, conseiller du roi est visiteur général des gabelles à sel du Languedoc.

 

Port-de-Codolet.jpg

 

Son Fils, Rostaing d'Ancezune-Cadart, seigneur de Caderousse, Baron du Thor, Commandant la cavalerie légère du Comtat Venaissin, avait été élevé parmi les enfants d'honneur des Rois Charles IX et Henri III.

Il fut un des quatre seigneurs offerts en otage par le comte de Suze, commandant d'Avignon et du Comtat Venaissin en 1568, à Warik, au gouverneur d'Orange, au sujet de la reddition de cette place.

Il obtint du roi Henri IV le collier de l'ordre de Saint-Michel et une compagnie de cinquante hommes d'armes de ses ordonnances. 

En 1621, Jean-Vincent d'Ancezune-Cadart, Seigneur de Cadenet , Baron du Thor, Commandant les chevau-légers du Pape du Comtat Venaissin, obtiendra l'érection de la Terre de Codolet en Marquisat, par lettres patentes du Roi Louis XIII.


Publié dans Histoire de Codolet

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Scène de la Vie Ordinaire en 1665 à Codolet.

Publié le par Fabrice


Feuilletant un très vieux livret datant de 1665, ayant appartenu à notre ancêtre Georges MISSOL alors premier consul de la communauté du dit lieu de Codolet, je lis et retranscris quelques notes bien intéressantes.


B


Tout commence par la réception d’une lettre du seigneur au premier consul du village, celui-ci faisant office de maire à l’époque. Arrivant prochainement en Avignon, Monsieur et ses hôtes seront attendus et accompagnés par bateau, conduits par les Mariniers du fleuve remontant le cours du Rhône jusqu’au village. Réceptionnés selon la coutume avec le vin du terroir et les poissons du pays.
Plus tard, les visiteurs partis à la chasse à Gicon se trouvant surement en manque de pain et de vin en redemanderont. Repus de gibier, ils iront jusqu’a envoyer un ambassadeur requérir du poisson.

Banale histoire de seigneurs et de paysans de cette époque, me direz-vous. Mais le plus fascinant, c’est que les principaux acteurs sont mes aïeux :

- Georges MISSOL : le 1er Consul.
- Jean MISSOL : le Patron des Mariniers.
- Jacques CHABERT : Pêcheur sur le Rhône et Vigneron.
- Et  la veuve de Barthelemy BLANC : Boulangère et Vigneronne.


A


Ainsi notait Georges MISSOL Consul, dans son livre de compte :

« Monsieur le Commandeur de Caderousse aurait envoyé un paquet avec une lettre datée du 4 aout de l'année si dessus laquelle marquait de ne manquer pas de se trouver le lendemain cinquième dudit avec un bateau propre à porter une quinzaine de personnes, ce que voyant le comptable et ses collègues auraient fait toutes leurs diligences apres avoir parlé aux plus principaux habitants, auraient acheté un barquet... dépensé 9 sols. »

« Plus, le comptable et son collègue auraient fait accommoder le dit Barquet à Sébastien PERIER et l'auraient fait souper, dépensé 10 sols. »

«  De plus le dit comptable demande lui être allouer 10 sols pour accommoder la tente du dit bateau... »

« De plus ledit comptable et son collègue auraient parlé à patron Jean MISSOL pour aller conduire ledit bateau dont il aurait loué trois hommes et lui quatre à vingt sols le jour.

 

« Etant En Avignon, par le commandement dudit Seigneur Chevalier de Caderousse, il aurait fallu renforcer de rame et aurait fallu acheter une pour le prix de 10 sols... »

« Le dit comptable et ses collègues seraient voulus aller voir Monseigneur de Caderousse et comme c'est la coutume, se seraient résolus d'aller faire son présent et auraient acheté quinze livres de poissons de Jean DULAC et Jacques CHABERT, plus pour le dit présent six pots de vin qui se monte a 18 sols pour le comptable... »


C


« Plus le dit comptable et ses collègues auraient reçu une lettre de Mr le commandeur lui disant que venant à la chasse avec Messieurs ses neveux à Gicon dont le dit comptable et ses compagnons auraient porté 12 pots de Vin et une demi douzaine de pains doubles. »

« Plus le comptable demande lui être alloué 22 sols et demi pour les dix pots de vin et six pains pris chez la veuve de Barthelemy BLANC pour porter à la chasse de Mr de Caderousse, Mr le commandeur, Mr du Thor et plusieurs autres y étant. »

« Le dit Seigneur de Caderousse aurait encore envoyé de lui porter du poisson, Mr de L’AIGLE étant venu lui même en ayant emporté cinq livres pris de Jean DULAC, Jacques CHABERT et Mathieu MICHEL."


Publié dans La Famille

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