L'Histoire d'un homme du Vivarais en 1582.

Publié le par Fabrice


Memoire ecrit in fine par le notaire DOMERGUE de la ville des Vans, en 1582. 


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Gregoire DOMERGUE, fils à Loys de DOMERGUE et Claude de FUSTIER nasquit en l'an 1537 et le 11 de febvrier, heure de midi.

Fust baptisé le mesme jour. Parrin noble Gregoire FUSTIER son oncle, marrine Symone BELLONE.

En fin 1539, Loys son pere alla a Dieu sans qu'il eut jamais moyien donner bocade de pain au dessoubs.
Nommé, son fils qui demeura l'espasse de trois, soubs la charge de Gabriel DOMERGUE, frère dudit Loys et oncle d'icelui, durant lesquels 3 ans endura prou.

Apres lequel temps, fust porté au lieu de LANGLADE, maison de Mre Etienne FUSTIER, notaire, son oncle.
Des mains duquel fust norri et entretenu le temps de cinq ans, durant lequel temp endura et pati prou.

 

Et aprés, fust reçu au service dudit Seigneur de la FIGIERE, son parrin, qui avec moltes peynes, le fist demeurer environ un an à un Maitre de lettres, que se nomait Mre GALHARDI.

D'illec, parvenu à l'age d'environ quinze ans, se retira entre les mains de Mr FUSTIER, secretaire du Roy à GRENOBLE, son oncle. Duquel alla en la cité de THOLOUSE et y demeura demy an sans servir.

Puis, se met au service de Gaspard DE LA GARDE, advocat au senechal dudit THOULOUSE, avec lequel demeura dix mois, soubs lequel endura beaucoup.

D'illec, alla en la ville de LYMOUX et fut recu serviteur à Mr Pierre GALETIANES, lequel demeura un an et demy non sans patissons.
Puis ala à CARCASSONE et y séjourna sans servir, apres à BEZIER, PEZENAS, MONTPELLIER et NYSME ou se tint quelque temps sans servir.

Puis, alla en VANS, lieu de sa nessance ou ne trouva guiéres d'amys.


D'illec, se porta au lieu et paroisse de VALGORGE chez Mr ALEGRE, soubs le service duquel demeura un mois.
Se fust requis de Mr ROCHIER d' ALBENAS, le vouloir servir, à quoi il entendit, et demeura soubs son service un an.

Pendant lequel, troubles en France viendrent, pour le faict des deux religions, refformée et romayne que fust en l'an 1562, en laquelle ville d' AlLBENAS.

Le Seigneur DE BLACON, de Dauphiné, dressa une compagnie d'arcobouziers menée par le Seigneur DE SERRES, de Villeneuve de Berrc.

 

De laquelle, il se mist, et fust, ladite compagnie, conduite soubs lesdits Seigneurs DE SERRE et DE BLACON en la cité de MACCON en Borgoigne contre le Seigneur DE TAVANES, gouverneur de ce pais, en laquelle ville ledit Seigneur tint son siege un mois et l'avait quicté sans rien executer.

Se retira l'escripvain, soub mesme compagnie, à la cité de LION et soit y demeura quelques temps. 

 

Aprés, ledit Sgr DE BLACON et son armée de cinq compagnies d'infanterie et trois d' argolets allerent assieger la cité Du PUY, ou on endura prou.

Puis, alasmes au CHAYLAR de la BOTYIERE, PRIVATS et ALBENAS ou le Sgr DE COMBAS dressa, par le moyen des églises de VIVAROIS, une compagnie d'infatasses qui fust menée à LATTES, prés MONTPELLIER, contre le camp du Sgr DE JOYEUSE.

Aprés, s'en retourna audit ALBENAS, et fust le fort de la CHAPELLE assiegé.
Puis encore porta quelques temps les armes sous le Capitaine ILLAIRE.

Et en l'an 1563, se retira aux VANS ou arreta la disme de NAVES, pour un an

En l' an 1564, alla en court et passe l'office de Greffier du Roy à VALENCE, non sans molle peyne et despence.

En l'an 1565, fust marrié avec FRANCOISE du SAULT, en la compagnie de laquelle demeura jusques à l'an 1579.

Et fust ledit escrivain, blessé de la garnison de CHAMBONAS, d' arcobozas en l'an 1568.
Demeura la balle dans son corps, dix ans.

Puis, en l'an 1579, en febvrier, se remaria avec damoyselle ANNE de COMBAS de Versas. En la compagnie de laquelle est encore, ou l'eternel le vueilhe tenir pour le soutient de ses pauvres enfants et d'icellle.

La ville des VANS fut prise, sacaigée et volée en sa presence et à son grand deplaisir le 2 VIII 1581 par les voleurs et brigands

Et fust sa personne et ses biens grandement molestés, jusques yci an 1582.

Tan voleu fère savoir et descouvrir deu quoy peu culher de mes peynes et travaulx.

Ce priant toi, lizeur, que en fasses ton profict.

Et Dieu te fasse vivre en meilleur règne que moy.

 

A Dieu, a Dieu soyons tous.

DOMERGUE.


Publié dans La Famille

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