Histoire de Codolet

Publié le par Fabrice


Codolet

Le dictionnaire topographique du Gard mentionne les diverses orthographes de Codolet : Ecclesia de Codoleto en 1314 - Sanctus Michael de Codoleto dans le dénombrement de la sénéchaussée qui lui attribue 6 feux en 1384 - Codelet en 1435 - Coudelet en 1550 - Codolet après 1625.

Sous l'ancien régime, Codolet appartenait à la viguerie de Bagnols et au diocèse d'Uzès. Le prieuré de Saint Michel Archange de Codolet était à la collation de l'évêque d'Uzès.
 

Evénements locaux

 

- la défaite de Poitiers, en 1356, laisse à l'abandon des gens de guerre qui se donnent des chefs, forment des Compagnies et opèrent pour leur propre compte, en désolant les campagnes. Après le traité de Brétigny, la Grande Compagnie se dirige vers la vallée du Rhône, abandonne l'attaque sur Lyon et s'empare de Pont-Saint-Esprit en fin décembre 1360. Les Routiers occupent le château de Codolet, où ils torturent les habitants et pillent le bétail.
La croisade décrétée par le pape contre les Compagnies aboutit, après la victoire de Mondragon et la libération de Codolet, à la paix de Bagnols en fin avril 1361. Pour obtenir leur départ, le pape accorde un riche tribut et le pardon de leurs péchés aux Routiers qui, en contrepartie, promettent de quitter la contrée. Mais des groupes épars, venant de Provence, instaurent un climat d'insécurité permanente. Aussi Codolet s'entoure de fortifications vers 1379, et transforme l'église paroissiale en forteresse.

 

- après la mort de Charles V, en 1380, le duc de Berry est nommé gouverneur du Languedoc. Le poids des impôts et l'inégalité de leur répartition sont à l'origine du soulèvement des paysans, connu sous le nom de Tuchinat. Dès 1382, le mouvement se généralise et les grandes villes semblent acquises aux révoltés, dont un des centres se trouve dans la région de Bagnols et de Pont-Saint-Esprit. Codolet tombe aux mains des Tuchins en janvier 1383. Les délégués du pape et du roi de France traitent avec eux pour obtenir la reddition des châteaux occupés en échange de l'absolution et d'une somme d'argent. Guillaume Adhémar, curé de Codolet, qui les avait favorisés, est dépossédé de sa paroisse par le pape Clément VII.
 

- les troubles, toujours latents, reprennent au 16ème siècle avec les affrontements des guerres de religion qui désolent toute la région. Une déclaration datée de février 1577 fait état du détachement de vingt soldats mandés au lieu et fort de Codolet, de la part de monseigneur le maréchal de Damville, gouverneur et lieutenant général pour le roi au pays de Languedoc… auxquels les consuls ont fourni la nourriture, sans avoir reçu d’icelle aucun payement…
 

- au début du 17ème siècle, le Languedoc connaît une nouvelle période d'instabilité lorsque le duc de Rohan, à la tête du parti protestant, mène trois guerres contre le roi. Louis XIII et son armée font une descente dans la vallée du Rhône, amenant le duc de Rohan à faire sa soumission après la reddition d'Alès en 1629. C'est l'année où la peste, venant de Laudun, arrive à Bagnols, elle est à Codolet le 10 novembre 1630 et cause de nombreux morts jusqu'à la fin de 1630.
 

- lors du conflit entre Louis XIII, Gaston d'Orléans et les Mécontents, la région autour de Codolet connaît de nombreux passages de troupes : le 17 mars 1629, environ 800 soldats débarquent et s'installent à Codolet et dans les villages voisins. Ce conflit est la conséquence de la volonté du cardinal de Richelieu d'installer des élus en Languedoc pour répartir la taille. Henri II, duc de Montmorency, gouverneur de Languedoc et seigneur de Bagnols, prend parti contre le roi mais n'est pas suivi par les autres villes. Vaincu, il est condamné à mort et exécuté à Toulouse le 30 septembre 1632.

 

Les Seigneurs de Codolet

 

La maison d'Ancezune, qui a possédé les titres de duc de Caderousse, de marquis de Codolet, de vicomte de Cadenet, de baron du Thor etc, était une des plus anciennes et des plus illustres du Comtat Venaissin. Elle possédait de nombreux fiefs sur les deux rives du Rhône depuis le Xième siecle. 

La Chesnaye des Bois lui donne pour tige :
 

Guillaume d'Ancezune, vivant en 1080, et seigneur en partie d'0range et de Caderousse.

Sa filiation est établie d'une manière authentique depuis Guillaume III d'Ancezune, seigneur de Caderousse, qui épousa Alix de Poitiers et dont le fils, Raimbaud d Ancezune, était marié avant 1341 avec Alix de Saint-Just.


De cette dernière union est issu :

  

I. Jacques d'Ancezune, seigneur de Caderousse, de Cadenet et de Saint-Just

 

II. Raymond d'Ancezune, son fils, IIe du nom, seigneur de Caderousse et de Cadenet, marié

1° en 1413, à Catherine de Laudun, sans enfants.

2° en 1430, à Marguerite de Cornillon, des seigneurs de la Baume-Cornillon, dont il eut :

 

III. Aimar-Antoine d'Ancezune, qui était en 1472 panetier du roi Louis XI.

 

IV. Guillaume d'Ancezune, son fils, gouverneur de Roquemaure et de la Motte.

En l'année 1491, messire Guillaume d'Ancezune acquit de noble Jean de Joye la terre, seigneurie et juridiction de Codolet et îles en dépendant, par acte du 14 avril, notaire Natal Pastour de la ville du Saint-Esprit.
 

Les îles dépendant de la terre sont :


- l'île de la Piboulette, autrement Capefort.

- l'île de la Borrie.

- l'île de Gazargues.

- l'île du Cocu, appelée aujourd'hui l'île du Mautemps.

- l'île de la Mourrade.

- l'îlon du Contentieux.

- l'îlon de Codolet.

- l'îlon de la Bigue.

- le brouteau des Penchinaires.

 

Ces îles ou îlons ne faisaient qu'un corps, sous le nom de l'île de Codolet, qui a été divisé par les irruptions du Rhône et de la rivière de Cèze, comme appert par les hommages prêtés de 1498 à 1673 par Guillaume, Aymard, Louis, Rostain et Joseph François d'Ancezune.

Toutes les îles ci-dessus ont été formées depuis longtemps et se sont accrues par la démolition et débris du terroir de Codolet et de celui de Caderousse.
 

L'île de Cadenet, appartenant à cette maison de Caderousse depuis plusieurs siècles, a été formée et s'est accrue par la démolition presque totale du terroir de Cadenet. Par les déclarations des consuls et principaux habitants des lieux de Saint-Etienne, de Codolet et de Caderousse, il paraît que le village de Cadenet et son terroir a été presque entièrement détruit par les inondations du Rhône, que les terroirs de Codolet et de Caderousse ont été considérablement diminués, et que les îles possédées par la maison d'Ancezune de Caderousse se sont formées ou du moins considérablement accrues du débris de ces terres et de plusieurs domaines, que cette maison possédait dans le terroir de Caderousse et qui ont été emportées par le Rhône.

Au début du XVI ème siècle, Guillaume d'Ancezune, seigneur de Caderousse et de Codolet, dit et affirme qu'il est en possession , en tant que vrai seigneur juridictionnel dudit lieu de Codolet, sur la rive droite de la Cèze, d'une rive à l'autre et autant que se prolonge et s'étend ledit territoire de Codolet, d'exploiter l'or ou de le faire exploiter et de ramasser l'or (en paillettes), et d'autoriser, mais aussi de punir, de gager, d'enquêter et de soumettre à enquête et d'interdire les chercheurs d'or non autorisés.

 

«La terre et seigneurie de Codolet est assise sur les bords du fleuve de Rhône, un des plus inconstants et des plus rapides.

A cause de son irruption, il divisa son territoire qui était attaché au continent de la terre ferme et en forma des îles et notamment celle qui est encore appelée l'île de Codolet. Cette île, ni les autres, n'avaient été formées par des atterrissages, mais c'était l'ancien terrain qui avait été rompu et divisé.

Cette seigneurie était possédée en îles par Antoine de Laudun.

Guillaume d'Ancezune en fit hommage au roi Louis XI, le 22 juillet de la même année (1462), qui contenait autre terre dénombrée, à cause de sa justice et de sa souveraineté et non pas à raison d'aucune seigneurie privée, les îles se trouvant comprises comme faisant partie du domaine des anciens seigneurs de Codolet».


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Il épousa, Gabrielle de Montdragon, dont il eut un fils;

 

V. Aimar d'Ancezune, seigneur de Caderousse.

Lieutenant général de l'artillerie de France, reçut dans son château la reine de France, accompagnée de Henri et de René de Nassau, père et fils, princes d'Orange. En 1533, Aymar d'Ancezune, fils de Guillaume, seigneur et capitaine du Thor, de Codolet et de Saint-Alexandre, est conseiller du roi et visiteur général des gabelles à sel du Languedoc.

Il épousa Nicole Cadart, fille du baron de Thor et en mémoire de cette alliance leurs enfants prirent le nom et les armes de Cadart.

 

VI. Jean d'Ancezune-Cadart, seigneur de Cabrières, de Caderousse, de Cadenet etc, baron du Thor, lieutenant général du royaume d'Ecosse en 1549

 

VII. Rostaing d'Ancezune-Cadart, seigneur de Caderousse, baron du Thor etc, commandant la cavalerie légère du comtat Venaissin, avait été élevé parmi les enfants d'honneur des rois Charles IX et Henri III.

Il fut un des quatre seigneurs offerts en otage par le comte de Suze, commandant d'Avignon et du comtat Venaissin en 1568, à Warik, gouverneur d'Orange, au sujet de la reddition de cette place.

Il obtint du roi Henri IV le collier de l'ordre de Saint-Michel et une compagnie de cinquante hommes d'armes de ses ordonnances

 

VIII. Jean-Vincent d'Ancezune-Cadart, seigneur de Cadenet etc, baron du Thor, commandant les chevau-légers du pape du comtat Venaissin, obtint l'érection de la terre de Codolet en marquisat, par lettres patentes du roi Louis XIII, en 1621.

 

IX. Rostaing d'Ancezune-Cadart, IIe du nom, seigneur de Caderousse etc, marquis du Thor et de Codolet, se distingua au siège de Cazal comme colonel d'infanterie.

 

X. Just-Joseph-François d'Ancezune-Cadart, baron , marquis du Thor et de Codolet, aide de camp du roi Louis XIV, fut créé Duc de Caderousse par le pape Alexandre VII en 1663.

 

XI. Jacques-Louis d'Ancezune-Cadart de Tournon, baron de Velorgues, marquis du Thor et de Codolet, duc de Caderousse, capitaine-lieutenant des gendarmes de Bretagne, épousa avant 1700, Madeleine d'Oraison.

 

XII. Joseph-André d'Ancezune-Oraison, Duc de Caderousse, mestre de camp d'un régiment de cavalerie de son nom, ci-devant Conti, brigadier des armées du roi, épousa le 12 avril 1715, Françoise-Félicité Colbert, fille de Jean-Baptiste Colbert, marquis de Torcy et de Sablé, ministre secrétaire d'État.

Il mourut sans enfants en 1767, laissant pour héritier de ses biens et de son titre ducal son cousin ; Marie-Philippe-Guillaume de Gramont, marquis de Vachères, par testament du 6 octobre 1762.

 

Armes : de gueules, à deux dragons monstrueux, à face humaine, affrontés, tenant du pied droit leur barbe, terminée en serpents qui se rongent le dos ; leurs queue et leurs griffes terminées de même.

 

XIII. Marie-Philippe-Guillaume De Gramont, marquis de Vachères, puis duc de Caderousse, marquis de Codolet, comte de Sézanne, baron du Thor etc, entra au service dans la première compagnie des mousquetaires le 18 mai 1786 et fit en cette qualité et celle d'aide-de-camp du marquis de Maillebois la guerre de Corse en 1739. Nommé le 1 er janvier 1743, capitaine d'une compagnie de chevau-légers incorporée dans le régiment de Colonel-général , il la commanda à la bataille de Fontenoy , où il fut blessé à l'épaule en mai 1745.

 

Par testament d' André-Joseph d'Ancezune-Oraison , son cousin , duc de Caderousse , dernier rejeton de cette ancienne et illustre maison, décédé en 1767, testament reçu par de la Rue et son collègue, notaires au châtelet de Paris le 6 octobre 1762, auquel est joint un codicille du 12 du même mois, signé des mêmes notaires, il a été appelé à recueillir tous les biens de la maison d'Ancezune , notamment le duché de Caderousse (érigé par le pape Alexandre VII , en 1665), le marquisat de Codolet, en Languedoc , érigé par Louis XIII en 1622, le comté de Sézanne, la baronnie du Thor et autres seigneuries qu'il réunit à celles qu'il possédait déjà. A cette époque, il prit le titre de duc de Caderousse .

 

XIV. André-Joseph-Hippolyte De Gramont, duc de Caderousse , marquis de Vachères et de Codolet, comte de Sézanne , baron du Thor etc, naquit le 14 avril 1761. Il entra au service à 14 ans et fut successivement mousquetaire, chevau - léger et capitaine dans le régiment des cuirassiers du Roi jusqu'à la révolution de France. Il fut fait colonel et chevalier de l'ordre de Saint - Louis par le roi Louis XVIII, lorsque ce prince fut de retour dans ses états le 16 septembre 1814.

Ce duché faisait alors partie du Comté Venaissin, réuni depuis 1791 à la France.

André-Joseph-Hippolyte de Gramont, duc de Caderousse, est décèdé dans son château de Caderousse le 2 septembre 1817.


XV. Emmanuel-Marie-Pierre-Félix-Isidore De Gramont , duc de Caderousse, marquis de Vachères et de Codolet etc, né le 25 juin 1788, a succédé à son père.

Il a servi dans les guerres d'Espagne, de Russie et d'Allemagne sous l' Empire. Il fut fait colonel par le Roi Louis XVIII le 5 juillet 1814, puis, en 1827 maréchal-de- camp par S. M. Charles X, qui l'a nommé chevalier de l'ordre de Saint-Louis et officier de la Légion-d'Honneur dans la même année.
Ce monarque, par brevet du 20 décembre 1825, a daigné accorder au duc de Caderousse-Gramont, ainsi qu'à la duchesse, sa mère, et à Mme la duchesse, sa femme, les honneurs du Louvre, pour en jouir ainsi que les autres ducs et duchesses de son royaume, le Roi voulant (est-il dit dans ce brevet) faire jouir cette famille, considérable par sa naissance et sa fortune, des mêmes avantages dont elle jouissait dans l'ancien comtat d Avignon, aujourd'hui réuni à la France.

Le Roi se plut encore, par ordonnance du 7 juin 1826, à confirmer au duc de Caderousse-Gramont la possession de son titre et de son duché héréditaire, en l'autorisant à former sur ses biens en provenants, un majorât de 3o,ooo francs de rente net, au titre de Duc, lequel a été institué par lettres - patentes de S. M. du 28 avril 1827, enregistrées à la cour royale de Paris et à celle de Nismes les 14 et 23 mai de la même année.


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