Taillan André, ex-maire de Codolet, 32 ans condamné.

Publié le par Fabrice


C'était en 1794, en pleine Terreur.

 

Le Tribunal révolutionnaire qui siégeait à Nîmes avait pour crime de Fédéralisme, condamné à mort, le 15 juillet, dans des conditions de partialité révoltante, trente et un habitants de Beaucaire appartenant à toutes les classes de la société.

Jugés dans la matinée, ils furent conduits à l' échafaud le jour même, à 3 heures de l' après-midi; et tandis qu'on les y conduisait, ils chantaient le « Miserere ».


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Acte d' accusation.

 

«L'Accusateur public près le tribunal criminel révolutionnaire du département du Gard expose que, depuis le commencement de l'année 1793 les contre-révolutionnaires de ce département ourdissaient une conspiration pour anéantir la liberté.

  

Elle éclata dans la commune de Beaucaire au commencement du mois d'avril de la susdite année, où les patriotes, après avoir été désarmés et invectivés de la manière la plus atroce, furent les uns assassinés et les autres incarcérés; que depuis lors ces contre révolutionnaires ne cessaient d'avilir la représentation nationale et de maltraiter tous les amis de la Révolution.

  

Ce fut ensuite en mai, juin et juillet suivants, lorsque les sections de Nîmes se furent déclarées permanentes et que l'administration du département du Gard, pleinement révoltée, eut formé, de concert avec les sections et le comité central, le projet infâme d'une assemblée dite représentative des communes du Gard.

 

Et que ce projet eut reçu son exécution, ce fut alors que les contre-révolutionnaires de Beaucaire donnèrent l'essor à leurs premières démarches, ils s'assemblèrent en sections, nommèrent des députés à la susdite assemblée, vomirent mille injures contre la Convention nationale, délibérèrent même de ne plus la reconnaître, de ne plus recevoir ses décrets, et d'inviter le receveur du district à ne plus verser ses deniers dans la caisse nationale.

 

Il fut encore délibéré dans ces sections de se joindre avec les infâmes Marseillais pour marcher sur Paris et tomber sur la Convention nationale; il n'est enfin aucun projet destructeur qui n'ait été mis en délibération dans ces infâmes assemblées; que ceux qui ont joué les principaux rôles dans la susdite conspiration et qui se sont montrés les ennemis les plus acharnés du peuple et de la Révolution.

 

Trente et un  nommés ...  tous de la commune du dit Beaucaire, tous y habitant...

 

... qu'André Antoine Taillan, maire de la commune de Codolet, ex-avocat, est aussi prévenu d'avoir pris toute la part possible à cette conspiration, puisqu' après avoir été député par sa commune à l'assemblée contre-révolutionnaire dite représentative du Gard, à laquelle il se rendit et où il fut nommé membre du comité des rapports, et ensuite président lors de l'assemblée des dits députés dans chaque district, où les meilleurs patriotes furent destitués et remplacés par des fédéralistes des plus acharnés, dont ledit Taillan était du nombre.

 

Qu'il résulte, des pièces remises au greffe que tous les susnommés sont prévenus d'avoir tenté d'altérer et même de rompre l'unité et l'indivisibilité de la République, d'usurper l'autorité nationale, et d'avoir mis tout en usage pour favoriser le plan de corruption des citoyens, de subversion des pouvoirs et de l'esprit public, et d'avoir avili la représentation nationale;

 

C'est pourquoi l'accusateur public requiert qu'ils soient jugés conformément aux lois, et a signé.

 

A Nîmes, le vingt sept messidor l'an deux. ( 15 Juillet 1794 )

 

Accusateur Public: Bertrand, signé.

 


Publié dans Histoire de Codolet

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